Poster Sainte Geneviève patronne de Paris PO15-0112 NOUVEAU

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La source unique d'informations historiques sur le personnage est la Vita de Geneviève, un texte hagiographique que l'auteur anonyme, probablement un clerc de l'Église de Paris, prétend écrire 18 ans après la mort de la sainte, vers 520, ce qui en fait un des très rares monuments littéraires du VIe siècle en Gaule1. Cette hagiographie génovéfaine Vita sanctae Genovefa empreinte de merveilleux et qui ne contient aucune chronologie est réalisée par un clerc qui a rassemblé tout ce qu'il savait d'elle par des témoins directs encore vivants2.

L'abbé Saint-Yves, dans sa Vie de sainte Geneviève, donne une origine celtique au nom de Geneviève (Genovefa). Selon lui en gallois, genoeth veut dire « jeune fille » (cf. gaulois genata « jeune fille »)3. Cependant, le nom Genovefa est vraisemblablement la latinisation du francique *Kenowīfa ou *Kenuwefa, nom germanique féminin constitué des éléments ken- « genre, race » (apparenté à kin en anglais) et wīf « femme » (apparenté à wife en anglais et Weib en allemand)4,5. Pourtant, la plupart des sources font état d'une autre étymologie germanique, à savoir : *ginu- « grand, spacieux » et *waifō- « remuant »6,7,8,9.

Les historiens ont maintes fois débattu des origines sociales de la sainte. Les biographes Dom Jacques Dubois et Laure Beaumont-Maillet ont tranché le débat : Geneviève, issue d'une riche famille de l'aristocratie gallo-romaine, est la fille unique de Severus (nom latin signifiant « austère »), probablement un Franc romanisé qui après une carrière d'officier, a exercé la fonction de régisseur de terres d'Empire10, et de Geroncia (ou Gerontia, nom grec « désignant une personne sage par l'âge et les vertus »)11. Elle aurait hérité en tant que fille unique de la charge de membre du conseil municipal12 (curia) détenue par son père13,14, charge qu’elle aurait exercée tout d’abord à Nanterre, puis à Paris (faisant partie des dix principales constituant l'aristocratie municipale) après son installation dans cette ville chez une « marraine » influente13,15. Baptisée, elle se voue très jeune à Dieu et, selon la légende16, est remarquée par saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre vers 430 (légende à l'origine de l’église Saint-Germain-de-Charonne), à l'occasion de leur voyage vers la province romaine de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle)17. Elle mène une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans. Selon la Vita sanctae Genovefae, à l'âge de 18 ou 20 ans, elle reçoit à Paris le voile des vierges des mains de l'évêque Wllicus, prélat inconnu des historiens18. À la mort de ses parents vers 440, elle quitte Nanterre et vient s'établir chez sa marraine Procula en plein Paris, dans l'île de la Cité19.

Selon la tradition, lors du siège de Paris en 451, grâce à sa force de caractère, Geneviève, qui n’a que 28 ans, convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité aux Huns. Elle encourage les Parisiens à résister à l’invasion par les paroles célèbres :

« Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. »

De fait, Attila évita Lutèce (Paris).

Une autre hypothèse controversée prétend qu'elle aurait averti l'envahisseur d'une épidémie de choléra sévissant dans la région. Enfin, par ses liens avec les Francs, intégrés au dispositif romain, elle aurait pu savoir qu'Attila voulait s'attaquer d'abord aux Wisigoths en Aquitaine, et ne voulait sans doute pas perdre du temps devant Paris. Dans tous les cas, le plus important était d'empêcher les Parisiens de risquer leur vie en fuyant20.

En 465, elle s'oppose à Childéric Ier21, qui entreprend le siège de Paris, en parvenant à ravitailler plusieurs fois la ville avec du blé de la Brie et de Champagne, forçant alors le blocus22.

Elle fait bâtir une chapelle sur l'emplacement du tombeau de saint Denis, premier évêque de Lutèce.

Elle convainc également Clovis, dont elle a toujours été une partisane, de faire ériger une église dédiée aux saints Pierre et Paul sur le mons Lucotitius (qui porte aujourd'hui le nom de montagne Sainte-Geneviève), dans l'actuel Ve arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin. Si l'historiographie récente avance une date de mort le 3 janvier 50223, la tradition préfère celle du 3 janvier 512. Selon la Vita, elle meurt à l'âge de 89 ans dans l'ermitage de Paris, et est enterrée dans cette même église aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde, ses plus célèbres disciples. L'église est d'abord confiée à des bénédictins, puis à des chanoines séculiers : c'est l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris, dont le clocher est encore visible dans l'enceinte du lycée Henri-IV (ce clocher est connu sous le nom de « tour Clovis »).

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